La crise à Trondheim n'est pas économique. Les fonds souverains de la Norvège ont jusqu'ici absorbé les effets de la crise que nous connaissons en France. L'économie de la Norvège dépend en grande partie des ressources pétrolières et gazières du pays, ce qui la différencie de celles des autres pays d'Europe. 

Depuis que je suis en Norvège et que j'ai pu le constater par moi-même, le manque de logements pour les étudiants est flagrant. La crise du logement a fait la une des journaux télévisés et de la presse nationale. Les Norvégiens, très attachés à leur Etat providence et à son fonctionnement, sont honteux de voir que cette belle machine s'est enrayée. En effet, des centaines d'étudiants étrangers se sont retrouvés sans toit à Trondheim et ont parfois même dû retourner chez eux, avec une image de la Norvège un peu écornée...

Quand nous leur avons raconté nos problèmes, les Norvégiens que nous avons rencontrés se sont tous excusés que notre arrivée se soit aussi mal passée.

Hier soir, Pierre-Alexis, son amie Coraline en visite à Trondheim et moi étions invités chez huit Français qui ont trouvé une colocation dans le centre-ville. L'appartement est très grand mais prévu pour cinq personnes. Ils n'ont qu'une salle de bain et certains dorment à deux dans la même chambre, pour 3375 NOK chacun. Un autre des invités nous a dit habiter dans un appartement à l'opposé de chez nous, pour 5000 NOK. Un autre, que nous avions rencontré à Samfundet, est arrivé trois jours avant nous et a trouvé une semaine après nous. Il est hébergé par une famille et paye 4700 NOK. Bref, se loger à Trondheim est extrêmement onéreux si l'on n'habite pas dans l'une des résidences étudiantes.
J'ai reçu un mail il y a quelques jours de l'organisation étudiante SiT, qui gère les résidences de Trondheim, me demandant de préciser ma situation : toujours à la recherche d'un logement ? Logée ailleurs ? Le but était de savoir si leurs services devaient me supprimer des listes d'attente ou pas. Il y a quatre listes d'attente pour le logement : la première est réservée aux étudiants non européens, qui ont besoin d'un visa et d'une adresse fixe pour pouvoir résider en Norvège. La deuxième est réservée aux étudiants européens qui avaient reçu une confirmation de la part de SiT et l'adresse de leur logement. Ceux-ci ont été délogés au profit d'étudiants non européens, et relogés à l'hôtel aux frais de SiT. La troisième était celle des étudiants dans le même cas que moi, qui avaient reçu une confirmation du Service des Relations Internationales de l'Université, mais pour qui SiT n'avait pas pu réserver une chambre. La quatrième et dernière liste comprenait les étudiants à qui même l'Université n'avait pu envoyer de confirmation. C'était le cas de Pierre-Alexis.

Nous aurions donc dû attendre très longtemps avant d'avoir une chambre...