Après quatre semaines de vacances, je reprends le clavier. Désolée pour ce long silence, mais bon, je devais profiter à fond de ce retour au pays ! Je repars donc un mois en arrière, pour vous raconter notre petit week-end à Røros.

Samedi 12 décembre, 7 heures du matin, départ pour l'aventure ! Nous sommes onze : quatre Italiens, deux Hollandaises, cinq Français. Nous avons loué deux voitures, une petite cinq places et un gros Ford Galaxy de sept places. Direction Røros !

Je conduis jusqu'à l'arrivée aux environs de la ville, qui se situe à environ 150 km au Sud-Est de Trondheim.

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Bien sûr il fait nuit, il y a du brouillard, du verglas et de la neige... Les voitures sont seulement équipées de pneus neige. La route est déserte, nous atteignons une zone assez montagneuse. La route longe la rivière d'un côté, et des falaises de l'autre. Quand le jour se lève, nous pouvons voir que des icebergs flottent sur la rivière qui est partiellement gelée. De l'autre côté de la route, les falaises sont ornées de cascades de glace : l'eau qui ruisselle naturellement le long des rochers forme maintenant de gigantesques draperies de stalactites blanches.

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Audrey prend le relais avant notre arrivée à Røros, il commence à neiger, mais il ne fait pas trop froid : la température ne descend pas en dessous de -5°C. Arrivés à la ville, vers 11 heures, nous nous séparons en deux groupes. Le premier doit faire la fameuse balade en traîneau ce matin-là, le deuxième le lendemain. Pendant que les autres repartent en direction de la ferme aux chiens, nous récupérons les clés de la cabane que nous avons louée pour aller y poser les bagages. Munis d'un plan, nous nous éloignons de la ville avec la voiture en direction de notre logement pour le week-end. Les routes sont blanches... et les chemins qui mènent aux maisons pas vraiment déneigés. Et voilà ce que cela donne, quand trois Italiens et trois Français découvrent les joies de la neige en voiture !

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Voiture plantée sur 30 cm de neige, c'est malin. Il est midi. Nous essayons en vain de pousser pour sortir la voiture du chemin et revenir sur la route. Au bout de 20 minutes, je me rends compte que même entre latins, on ne se comprend pas toujours : les Italiens rigolent et mangent des chips devant le spectacle, les Français n'abandonnent pas et grattent et poussent en râlant ! Finalement on tente la solution norvégienne : les maisons sont habitées, et deux d'entre nous vont chercher du secours. Un jeune couple vient nous aider avec une pelle, un 4x4 et une corde, mais la corde casse... Dernière extrémité : le fermier du coin avec son tracteur qui lui, est équipé de chaînes, nous sort de là. Il est 13h30, deux heures dans la neige qui nous auront coûté 300 couronnes. Tout est bien qui finit bien, mais nous sommes trempés et nos pieds sont gelés. Nous trouvons enfin la maison. Sans enlever nos manteaux, nous la visitons en chaussettes (pas de chaussures dans les maisons norvégiennes) et découvrons le plancher chauffant de la salle de bain ! Un bonheur !!   

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Voici notre équipe de bras cassés qui se réchauffe les pieds : Pierre et Fabio, Audrey, Francesca, Federica et moi.

Nous nous remettons de nos émotions en finissant les chips, puis nous repartons vers Røros pour visiter la ville et le marché de Noël. Il fait sombre mais finalement c'est mieux comme ça : avec les lumières de Noël c'est très joli.

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Pendant que certains font une balade dans un traîneau à clochettes tiré par un cheval, nous nous arrêtons dans l'un des nombreux cafés de la ville : les boissons chaudes sont vivement appréciées.

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Røros est située à 650 m d'altitude, au creux d'une petite cuvette cernée de montagnes. La ville a été fondée en 1644, sur un site d'extraction du cuivre de part et d'autre de la petite rivière Hyttelva. A l'époque, la Norvège était sous la domination du Danemark. Røros a été incendiée par les troupes suédoises en 1679, mais la ville n'a ensuite cessé de se développer dans ses activités (principalement minières), jusqu'à la fermeture en 1977 des mines et de la fonderie. Il y a aujourd'hui 5000 habitants, et la ville vit maintenant du tourisme et de l'agriculture. La fonderie est toujours là.

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Après la visite, retour enfin vers la maison où nous passons une soirée tranquille après un repas bien mérité : apéritif (il restait des chips en fait), plat de spaghettis sauce tomate fraîche en entrée (!), frites et poissons panés en plat. A 23 heures, tout le monde s'endort, il est temps d'aller se coucher.

Le lendemain matin, réveil tardif... Tout est silencieux puisque la maison est perdue dans les bois au milieu de la neige. 

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Nous devons être à 11 heures pour la balade en traîneau. Adieu la maison ! Petite photo de groupe avant que les deux groupes ne se séparent pour la journée :

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De gauche à droite : Federica, Fabio, Ellen, Francesca, Maélie, Hester, moi, Victor
Devant : Alessandra et Audrey
Photographe : Pierre-Alexis

Notre équipe de plantage de voiture part donc à la ferme. C'est une vieille maison norvégienne, et nous sommes accueillis par la propriétaire qui nous équipe (combinaison intégrale, bottes fourrées et lunettes) et nous explique le fonctionnement du traîneau. Nous partons ensuite en voiture au point de départ de la balade, où les traîneaux et les chiens nous attendent.

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Dès que les chiens nous voient arriver, ils aboient comme des fous et sautent en avant pour démarrer. Heureusement les traîneaux sont arrimés au sol grâce à une ancre plantée dans la neige. Chacun est seul sur un traîneau tiré par six huskies. Heureusement aussi, il y a un frein à pédale. On appuie dessus avec le pied pour le planter plus ou moins dans la neige et ralentir les chiens. Indispensable au démarrage, quand l'ancre est levée, sous peine d'envol du traîneau ! C'est parti pour deux heures et demie de balade dans un paysage immaculé et désert. 

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Ca va très vite, surtout en descente. En montée, il faut quelquefois aider les chiens en descendant du traîneau ou en poussant. Attention à ne pas rater le redémarrage, ou l'on se retrouve (comme Federica) traîné à plat ventre dans la neige !

A mi-parcours, petite pause pour se réchauffer avec un bon glog bien chaud et sucré. C'est une boisson bue en hiver, rouge et épicée.

Les chiens sont très sociables, quand ils ne sont pas en train de courir. Cela semble leur but dans la vie : quand ils courrent, rien ne les arrête, pas même une envie pressante (tout est largué en vol) ni la soif (ils avalent de la neige). Voici mon traîneau et mes six chiens : les deux juste devant le traîneau, les deux du milieu, et les chiens de tête avec Federica et sa peau de renne.   

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Nous avions chacun une peau de renne dans notre traîneau, qui permet d'éviter de s'asseoir dans la neige. C'est chaud, doux et isolant de l'humidité et du froid, mais ça pue. 

Au retour, beaucoup de descentes qui permettent d'apprécier la vitesse des chiens. Surtout quand le traîneau passe sur des petites bosses, on s'envole !

Une expérience inoubliable donc. Nous repartons vers Trondheim bien fatigués, la voiture sent le chien et nous aussi, mais nous sommes ravis de notre week-end.